Quentin Jagorel. Ce nom ne vous dit rien mais ce natif de Rennes en Bretagne, est un féru du cinéma. Etudiant à Sciences-Po Paris, il est actuellement à Buenos Aires pour ses études et en profite pour nous expliquer sa passion pour le grand écran. Portrait.
Quentin vient de Betton où il a vécu 18 ans et où il garde encore toutes ses attaches familiales. Véritable lettré, il passe son bac en 2009 au Lycée Chateaubriand à Rennes. Mention très bien, il décide de passer les concours de Sciences-Po. Reçu brillamment, il part donc s’installer à Paris pour étudier dans l’une des plus prestigieuses écoles françaises. Cette année marque un tournant dans son cursus. Il suit un échange depuis dix mois à la Universidad de San Andrés à Buenos Aires.
Pour ce qui est du domaine cinématographique, son parcours commence en 2006, avec un premier documentaire, un reportage sur une comédie musicale. A partir de 2007, il commence à multiplier les travaux avec des carnets de voyage, des reportages pour son lycée et sur sa famille. Depuis 2009, avec son arrivée sur Paris, il réalise surtout des courts et moyens métrages (« Raphaël » en 2010, « Lorsque s’en vient le soir » et « Les courants d’air claquent les portes » en 2011). Il est d’ailleurs en train de tourner son nouveau film, « Qu’importe hier », à Buenos Aires. Il sera terminé en septembre 2012. Parallèlement, sa passion pour le cinéma le pousse à écrire et à s’engager. Il tient un blog cinéma MonCinéma, et est rédacteur pour plusieurs web magazines. L’an passé, il s’est aussi investi dans le Ciné-club de Sciences Po.
Il regrette la non-connaissance du cinéma argentin par les Français. La sortie d’El Chino de Sebastián Borensztein en février dernier aura donné un petit goût du cinéma du pays du football. Le réalisateur n’en est pas non-plus à son coup d’essai. Il a avait déjà marqué les esprits avec Sin Memoria (Sans Mémoire). Les deux acteurs du film, Ricardo Darin et Ignacio Huang sont assez connus. Mais toujours le même problème, leur reconnaissance reste en partie sur le Continent Sud-Américain. Qui en a déjà entendu parlé à part peut-être les cinéphiles cosmopolites ? Pas grand monde en effet.
« Le cinéma argentin reflète la société. Même si la comédie tient une place importante dans le paysage cinématographique, les scénaristes traitent beaucoup de la misère de ces cinq dernières années ». Comme partout, la crise est aussi passée dans les rues de Buenos Aires, visible tous les jours.
Sa mère est membre d’une association bénévole de cinéma en Bretagne et y consacre beaucoup de temps. Son père, Bernard a un intérêt tout particulier pour le ciné français et méditerranéen, et lui a fait partager cet attrait. Et son épouse, sa belle-mère donc, est une experte du cinéma outre-Atlantique notamment des années 70 et 80. Il a véritablement grandi dans le bain. La passion s’est ensuite imposée à lui très rapidement. « Je crois que je suis surtout fasciné par le concept de « scène », cette réalité créée de toute pièce, dans l’immensité des choses, et qui nous touche, qui fait sonner un petit accent de vérité avec quelques éléments de mise en scène ».
Dans un mois, Quentin rentrera en France. Et les idées ne lui manquent pas. Il faudra alors qu’il se réaccoutume à la vie française, qu’il profite de ses proches retrouvés. Son été sera dédié au montage de ses deux prochains films, son moyen-métrage mais aussi un documentaire, « Daguerreotipas ». Dès septembre, il enchaînera avec le master Affaires Publiques de Sciences Po, dans l’optique de tenter l’ENA par la suite. Un beau programme en perspective.
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