naaman_3 C’est un peu la nouvelle étoile du reggae français, ou plutôt du reggae dancehall, mêlé au hip hop. Son album, « Rays of Resistance », a été élu meilleur album Reggae French Touch de l’année 2016 aux Victoires du Reggae. Naâman, (de son vrai nom Martin) a terminé sa tournée française à Paris, le 29 septembre dernier. Une fierté qu’il partage avec tout son groupe, de Fatbabs son beatmaker à O’maley son batteur en passant par Julian au clavier. A l’Olympia, la salle s’est remplie pour entendre celui qu’on appelle l’enfant prodige du reggae. Naâman, mais aussi ses frères comme il dit se sont réunis pour déclarer leur amour à l’Olympia. Yellam, Jahneration, Phases Cachées, Scars LD, Mary May Selecta Antwan… C’est toute une nouvelle génération d’artistes qui s’était donnée rendez-vous. Si le succès ne fait que grandir pour cet artiste, Naâman, c’est avant tout un baroudeur, un amoureux de voyage et de ses frères.

Parce que la musique, c’est un mélange de styles, venus d’ici ou d’ailleurs. Les mélodies de Naâman traversent les frontières, se font en famille et surtout, changent avec le temps. Un objectif: partager des vibes positives.

JPA : Comment s’est déroulée ta tournée en France ?

Naâman : Génial. La tournée était complète, c’est une chance et nous en sommes tous très fiers! Le rythme était intense, très chargé. On l’a réalisée en bus, nous vivions tous ensemble, ce qui permet d’en apprendre encore plus sur la vie en communauté. Nous sommes une sorte de famille. On vivait ensemble, on dormait ensemble pendant les 100 concerts de la tournée, toujours dans une très bonne ambiance.

JPA : Tu entames très bientôt ta tournée dans le Pacifique : Tahiti, Nouvelle-Calédonie, Australie et Nouvelle-Zélande. Qu’est ce ça représente pour toi ?

Naâman : C’est juste dingue, mais aussi peu surprenant. Aujourd’hui, les gens voyagent, la musique voyage. La jeunesse s’ouvre de plus en plus aux styles musicaux, je l’ai vu en Chine. Lors du concert, les jeunes sont libérés, ils se lâchent vraiment. Maintenant, toute la musique peut être écoutée partout. Je me suis rendu au Népal et dans un bar, ils diffusaient un son que j’avais enregistré à 18 ans !

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JPA : Quelles sont les différences entre ton premier album « Deep Rockers: Back a Yard » et « Rays Of Resistance » ?

Naâman : Le 1er album est vraiment un pur délire reggae hip hop. Ça se ressent beaucoup en live, tout est dans le même esprit. Rays of Resistance possède plus des morceaux qui sortent du reggae comme « Turn me loose ». C’est un mélange de plusieurs styles inspirés de rencontres et aussi des idées de mon beatmaker Fatbabs.

JPA : Tu parles de mélanges de style, vers quoi se dirigera ton prochain album ? Sera-t-il, comme les 2 autres, enregistré en Jamaïque ?

Naâman : J’avais envie de le refaire là-bas, mais plus le temps passe, plus je me rends compte que je me dirige vers d’autres esprits musicaux, loin du pur reggae. Un style auquel je n’aurais jamais cru penser en fait! Là, je compose des petits morceaux à la guitare et après je vois avec Fatbabs. Il me tire de plus en plus vers son style et ses possibilités immenses de créativités musicales ! On découvre tout ça ensemble au fur et à mesure. Mais je dois quand même le recadrer vers mon univers reggae roots car il a vraiment pleins d’idées. Le 3e album réserve de nouvelles choses, encore différentes de « Rays of Resistance ».

JPA : Tu réalises des morceaux engagés comme « Resistance ». Quel regard portes-tu sur la France et le monde qui t’entoure ?

Naâman : La France, nous, avons vécu des horreurs ces derniers mois. Nous sommes forcément tous préoccupés par ce qu’il se passe, et ça s’agite de plus en plus. Comme le montre la chanson « Resistance », notre gouvernement n’est plus représentatif de la démocratie, les médias ont aussi leur part de responsabilité. Ce qui est important, c’est d’être heureux dans sa vie, avec ses proches.

JPA : Garder le sourire et être heureux, ce sont un peu tes philosophies de vie. Peux-tu nous expliquer le morceau Hopeful World ?

Naâman : « Hopeful World » complète un peu la chanson « Resistance ». Le titre montre qu’il faut garder espoir, que dans notre vie, il y a beaucoup de bonnes choses. A notre échelle, tout seul, nous ne pouvons pas changer le monde dans lequel on vit. Par contre, on peut faire de sa vie un exemple. On nous parle de guerre, les gens ont peur… Mais au quotidien, nous ne voyons pas tout ça. Il faut, dans son monde à soi, trouver son bonheur, réussir sa vie et après, avoir envie d’aider les autres. Avec le groupe, on produit pour exister, on se bat à notre façon pour être heureux partout où l’on va. Il y a plusieurs façon de résister, à chacun de nous de trouver la bonne.


JPA : Tu as fait beaucoup de voyages, Liban, Inde, Népal, Sénégal sur un coup de tête aussi… Qu’est-ce que qu’ils t‘apportent musicalement et personnellement ?

Naâman : Je n’y vais pas pour la musique, je pars surtout pour moi. La vie d’artiste est spéciale, être célèbre à certaines contraintes. Il faut aussi être productif, se lever à telle heure, enregistrer à telle heure. On peut facilement se perdre soi-même. Voyager seul me permet de me ressourcer, de me retrouver au milieu d’une population que je ne connais pas, de voir comment se passe la vie là-bas. J’ai besoin de partir, de pouvoir décider moi même de ce que je vais faire, ce sont mes moments. Dans chaque endroit, j’ai tiré une leçon de vie, je m’imprègne de la culture. J’écoute les musiques locales, elles ont toutes un délire spécial. Parfois elles m’aident pour des compositions de certains morceaux. « Garden of Destiny » par exemple, est inspiré de mon passage en Chine.

JPA : Quelles seraient tes prochaines destinations et pourquoi ?

Naâman : Je ne sais pas, ce sont des choses qui se dessinent au fur et à mesure. Je vais là où mes pieds ont envie d’aller, je suis appelé par un pays. Ils sont tous différents ! Ce sont des rencontres qui font mes voyages. Quand j’y suis, les gens me proposent de passer dans tel endroit, de dormir ici et là. Après, j’ai mes destinations où je retourne souvent comme l’Inde. J’ai découvert le Sénégal il y a quelque temps, je sais que j’irai en Afrique pour en apprendre plus. J’aimerai aussi partir au Pérou, ça se fera très prochainement, quand j’en sentirai le besoin…

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