Le gouvernement annonçait la semaine dernière une hausse de 2% du SMIC. En pratique, cela devrait se traduire par une augmentation de salaire d’environ 22 euros. Pour certains, la mesure n’est pas significative. Jean-Luc Mélenchon, ex-candidat à la Présidentielle a expliqué qu’avec une hausse si faible, le smicard ne pourrait acheter qu’une baguette de pain par semaine. Le symbole est choisi, l’attaque non-dissimulée.
En règle générale, le principe d’une augmentation du smic est à double tranchant. Dans un premier temps, cela devrait permettre à ceux qui perçoivent ce salaire indicatif de gagner plus. En pratique, 22 euros supplémentaires par mois, c’est bien peu. Reste également à savoir si ce chiffre est net ou brut. Le gouvernement a expliqué le faible impact de la mesure par le contexte de crise qui empêche toute initiative envers l’emploi et le pouvoir d’achat de façon significative et importante.
D’un autre côté, cette augmentation pourra handicaper les grandes et très grandes entreprises. Car, l’addition d’augmentation de smic, même si elle n’est pas bénéfique aux salariés qui la perçoivent, coûte à l’entreprise. Les grandes entreprises feront-elles l’arbitrage –judicieux ou pas, d’augmenter les salaires ou de diminuer justement le coût du travail en licenciant ?
Pour les TPE et les PME, l’impact sera moindre. Pour les entreprises plus grandes, il en va autrement. Lorsque l’une d’elles devra augmenter de 2% la plupart de ces employés, les charges sociales qui incombent au patronat s’alourdiront. Si le salaire augmente, les charges sont en hausses, c’est un principe inamovible de l’économie. Ainsi, il semblerait que le gouvernement Ayrault II et le Ministre du Travail Michel Sapin voudraient favoriser le pouvoir d’achat aux dépens de l’emploi.
Cette augmentation se voudrait notamment inscrite dans une politique de croissance, ou de relance. En 1981, François Mitterrand avait également relancé l’économie. S’en est suivi une récession en France de 1982 à 1983. Là encore, il s’agit d’un principe basique de l’économie : une politique de relance est toujours suivie d’une récession plus ou moins forte. (Que sais-je ? La politique économique, PUF)
N’importe quel manuel d’économie précisera qu’une augmentation des salaires diminue significativement l’emploi. Le résultat de cette mesure sera peut-être une augmentation auto-entretenue du chômage.
C’est l’éternelle question de la poule et de l’œuf. Quel déterminant naît avant l’autre : l’emploi, ou le pouvoir d’achat ? Faut-il augmenter les salaires pour relancer la consommation (dans ce cas précis, les répercussions devraient être très faibles) ou créer des emplois pour augmenter la production et par là, booster les salaires (facteur essentiel de la consommation) ?
En théorie, une relance de la production alliée à une politique d’embauche chez les entreprises devrait augmenter la consommation. La pensée dominante est que les salariés produisent en même quantité qu’ils achètent. Quid de la surproduction. Mais c’est sans compter l’arbitrage des ménages. Ont-ils plus tendance à épargner ou à consommer, dans cette période de crise que traverse l’Europe ?
Finalement, cette mesure de court terme, qui se proposait de relancer la consommation par le déblocage des salaires (Smic), au même titre que le déblocage de l’épargne effectué par Nicolas Sarkozy en 2004, n’aura probablement qu’un impact faible, voire négatif sur l’économie française. Pour un plat de lentilles donc, le gouvernement français a préféré détruire l’emploi, qui est, sans l’ombre d’un doute, le premier chantier à construire.
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