Enfin. Après trois jours d’Euro, on était impatients de voir ce qu’allaient faire « nos » Bleus. Ceux que l’on a fustigés à raison quand ils nous endormaient, mais qui recommençaient à nous donner la banane pendant les matchs de préparation. Face à une Angleterre décimée, on pouvait espérer une confirmation. À l’arrivée, 1-1 et des regrets.
Laurent Blanc avait opté pour le 4-3-3 avec un milieu peureux Diarra-Cabaye-Malouda alors que Nasri débutait à droite de l’attaque. Déjà que le milieu gauche de Chelsea n’a presque pas joué de la saison, il doit en plus se farcir un poste qui n’est pas le sien. On démarre donc avec un sentiment mitigé, l’impression de se mettre tous seuls des bâtons dans les roues.
Une sensation confirmée quand le match démarre. Les Bleus sont dans le flou quand ils récupèrent la sphère. On fait tourner, on tente de trouver des espaces mais la spontanéité et la vitesse manquent. Et contre une équipe anglaise concentrée derrière, la domination bleue devient stérile. Pire, à force de ne pas y arriver, le onze français se met en danger sur les quelques combinaisons anglaises. Bien lancé par Young, Milner est à deux doigts de calmer tout le monde en Gaule après avoir crocheté Lloris. Un quart d’heure plus tard, Lescott, lui ne rate pas le coche. Sur un coup-franc de Gerrard, le plus grand front de la Première League profite du marquage « au sarouel » des Bleus pour faire péter une Donbass Arena largement rouge et blanche.
Un coup de poignard qui a le mérite de faire réagir les français. Cinq minutes après, Diarra place deux coups de boules proches de faire mouche. Une occasion qui met les Bleus sur une bonne lancée et Nasri égalise (39’) d’une jolie frappe au premier poteau d’un Joe Hart piégé par le rebond. Les Bleus poussent ensuite pour rentrer au vestiaire devant. En vain.
Malheureusement, l’équipe de Blanc repart en mode « deux chevaux » après le repos. Alors que l’on attend un ou deux changements pour affoler la rencontre, rien ne se passe. Malouda continue de payer sa saison blanche au milieu et est toujours aussi inutile. Benzema décroche de plus en plus pour toucher le ballon, du coup les Bleus se retrouvent sans joueur dans la surface. Ça tourne franchement en rond. Même si on est diverti par certains enchaînements, on sent dans ce manque de prise de risques une peur de perdre côté français.
Il faut attendre la 81ème pour que Cabaye nous fasse lever de notre siège. Sa demi-volée quasi-parfaite est déviée au dernier moment par Wellbeck. Ben Arfa et Martin rentrent enfin à cinq minutes du terme. Une fausse prise de risque quand il n’y a plus de danger. Les français se lâchent un peu dans le money-time. Benzema arme une dernière munition sans danger dans le temps additionnel, comme un aveu de faiblesse. Un point c’est tout.
Si les Bleus ne veulent pas débattre chez eux de leur potentiel au moment des quarts, il va falloir être plus créatifs et insouciants contre l’Ukraine. Avec sûrement quelques changements dans le onze type. « Wait and see » comme ils disent outre-Manche.
Ne partez pas !
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