Passées les années vécues et épuisées sous le nom de Young Michelin, Aline apparait dans le paysage musical français sous la forme d’une anecdote post-adolescente avec sur les guitares et les claviers une électricité mélancolique. Ou comment être tout à la fois pressé de vivre tout en fantasmant le passé, l’expérience et parfois même l’échec.

Parce que La Vie Electrique d’Aline continue encore en 2016 à embellir nos journées et nos émotions sans perdre de cette sensibilité unique qui fait que certains artistes s’installent définitivement dans votre culture la plus intime, effleurant l’inconscience, dépassant de sa marque indélébile les notes et mots d’une saison que l’on aura tôt fait d’oublier ; une rencontre avec Romain Guerret chanteur et parolier du groupe, le temps d’un café et de quelques cigarettes, est une date et une belle façon de vous parler de l’amour que l’on porte pour Aline.

En 2012 à la date d’un premier album tout à la fois violent et juvénile, « Je bois et puis je danse » sonnait comme une réponse hasardeuse et foncièrement libre à un Alain Bashung, qui en 1979 chantait « Je fume pour oublier que tu bois ». Quand le grand Alain s’ennuyait de son amour, Aline hésitait encore tout en titubant face à l’objet érotique. Puis tout en regardant droit dans les yeux la chanson française d’hier, Aline ne cachait pas son amour pour la Pop, le déhanchement et la provocation. Chronique d’un sale gosse amoureux de vivre à en mourir ou presque, parce qu’il n’est rien de plus passionnant que d’embrasser la médiocrité d’un instant et d’une solitude, pour mieux la sublimer.

« J’aurais du essayer,

Ce soir je dormirai par terre. »

Je bois et puis je danse.

Le temps que l’on passe alors à se noyer dans ce verre qui nous console et nous protège d’une lâcheté que l’on aimerait savoir intime à un autre, ce temps là est une vie. Une vie évoquée, construite puis difficile à enterrer lorsqu’au bout d’un bar l’attraction et l’envie vous plonge dans les yeux d’une femme qui ne vous regarde pas, et pour qui vous avez déjà des souvenirs à deux, des week-end à la campagne et des nuits de passion inédites. Pour cette femme vous êtes déjà prêt à tout, à l’heure où vous ne connaissez d’elle que la longueur de ses pas et cette désinvolture qui vous touche et vous brûle les os. Les verres s’épuisent comme s’éloigne l’idée d’un courage toujours absent, et vient alors les jours de deuil, la tristesse qui nous raconte qu’il en sera toujours ainsi, et pourtant…

« Qui saura assouvir mon orgueil, 

Je suis mon propre soleil »

Une vie.

Pourtant la Vie Electrique, si elle sait se faire attendre, sait aussi récompenser les âmes braves. Et de cette façon, Aline en 2015 affirme un vécu qui se nourrit d’un orgueil unique. « Je ne peux plus vous entendre dire, je ne veux plus que m’entendre rire. Que la vie était belle ». Et la vie est belle alors que l’amour grandit en même temps que l’on s’enivre d’une passion qui suit les heures d’écoute d’un album et des voix, symptômes d’une génération éclatante. Aline mûrit, évolue tout en effleurant des thématiques adultes, comme si elle s’était acceptée avec ses histoires d’hier et d’une nuit. Aline n’a rien perdu de sa superbe et de ses provocations qui aujourd’hui la rende toujours plus désirable et bouffée d’un érotisme sincère.

« Trouve-toi vite un vrai mec,

Cherche bien, il existe. »

Les résonances cachées.

Aline #2

J’Aime Pas l’Actu : Dis Romain, est-ce qu’Aline est un groupe de Rock’n’Roll ?

Romain Guerret : Et bien pas vraiment en fait. Sur scène oui, effectivement nous avons une énergie terriblement rock. Et ça les gens ne le savent pas forcément, les programmateurs sont souvent surpris parce qu’ils s’attendent à voir un groupe plutôt propre sur lui avec une musique assez « propre », convenue, je dirai même un peu gentille. Alors que c’est pas du tout le cas quoi. On a une énergie super tendue, c’est tout ce que j’adore. Ensuite c’est vrai, il y a tout l’aspect mélodique, puis viennent les textes plus aérés…

Mais je dois dire que pour moi tout ça est assez mélangé, le rock, la pop. J’ai toujours aimé les deux et même la pop mainstream quand j’étais gosse. Tout ce qui passait à la radio, Madonna, Michael Jackson, Prince… c’est un peu tout ce qui m’a forgé quand j’étais jeune. Puis j’ai écouté aussi du punk bien sûr à l’adolescence, les Clash, les Pistols, tout ça. Là c’est vraiment ce qui m’a donné envie de faire de la musique.

JPA : Passé même la période Young Michelin, il y a déjà une évolution entre « Regarde le ciel » et « La vie électrique » où l’on aborde des thèmes que l’on dirait peut-être plus adultes. Le meilleur exemple étant « Les mains vides », où tu réussis un véritable tour de force en te plaçant du point de vue d’une femme. Forcément ce que l’on devine et la question qui s’en suit est : est-ce que tout ça est du vécu?

R.G : Evidemment c’est du vécu, et j’imagine que nous l’avons tous vécu cette situation. Au départ je ne l’avais pas forcément pensé en me mettant à la place d’une femme mais pour ce deuxième album je ne voulais pas nécessairement tout écrire à la première personne. J’avais envie de donner vie à des personnages, faire bouger les décors. Il y avait l’envie de s’écarter de la logique autobiographique en fait. Je trouvais ça plutôt rigolo au début de me mettre dans la peau d’une femme en fait.

JPA : Il y a une lucidité dans le propos, il en transparait beaucoup de beauté à oser imaginer ce que peut ressentir une femme lorsqu’elle se lasse ou bien se sent prendre de la distance avec son couple… Ca n’a pas souvent été fait finalement.

R.G. : J’ai aimé cet effort stylistique dans un premier temps puis je crois que j’ai également voulu laissé parler ma part de féminité, peut-être. C’était plaisant d’imaginer quels auraient été les mots qu’une femme pouvait employer pour exprimer sa tristesse. Tout ça est une histoire du couple avant tout au final. Et puis il y avait cette découverte de la sensibilité féminine qui venait se coupler à un exercice de crédibilité.

JPA : Et en même temps, la description dans le texte et foncièrement masculine. Une vision fantasmé du regard de la femme sur nous-même. Il y a par delà une résignation, la recherche d’un espoir.

R.G : Forcément, on espère toujours qu’elle soit encore amoureuse de nous, bien sûr.

« Hier soir ta bonne humeur

M’a rendu triste à mourir »

Les mains vides.

JPA : On veut croire à son retour…

R.G : Et elle revient clairement. Mais il y a aussi une grande ellipse parce qu’on ne sait pas combien de temps elle est partie, une après midi, un mois, des années. Quand on part de cette façon c’est parce qu’on n’a pas réellement envie de partir en fait. C’est surtout le besoin d’aller voir ailleurs, de respirer, de se remettre en question et de se situer à nous dans sa propre vie. J’évoquais la lassitude du couple mais on peut imaginer le manque d’expérience, un pan de vie à rattraper aussi.

C’est très féminin, il y a beaucoup de filles qui se mettent en couple assez jeunes puis qui regrettent.

JPA : Une lacune d’expérience…

R.G : Ouais et puis elles regrettent avec le sentiment d’avoir loupé plein de choses. Les filles s’attachent peut-être assez vite mais lorsqu’elles décident de rompre une relation, elles le font beaucoup plus clairement, c’est beaucoup plus tranché.

Et dans « Les mains vides » c’est vrai que je prends ce tournant en faisant revenir la fille à la fin de la chanson, c’est peut-être là que se dévoile l’aspect masculin de mon écriture.

JPA : Ca me rappelle cette phrase, « les hommes ont besoin d’être aimés. Les femmes, elles, ont besoin d’être désirées ». Il y a une opposition entre l’amour rassurant que souhaitent les hommes, où l’on voudrait retrouver l’amour inconditionnel de l’enfance, où tout est permis, puis l’amour dont auraient besoin une femme, se sentir belle, cueillie et protégée par l’amant. C’est compliqué.

R.G : C’est vrai.

JPA : Un autre texte marquant de cet album, « Les angles morts », est une des plus belles déclarations d’amour à Paris depuis la chanson de Dutronc. Après les évènements que l’on a connu en novembre mais aussi en janvier, est-ce que ton regard à évoluer par rapport à ça? Même au sein du groupe, je veux dire.

R.G : Mon regard a forcément évolué puisque ce texte, ce morceau a été enregistré deux ans avant les évènements. Puis nous l’avons sorti peu de temps après le 13 novembre, on s’était même posé la question, « est-ce qu’on le sort ou pas? ». Est venu ensuite le temps du clip, qui l’on avait souhaité participatif avec des gens qui se filmaient, c’était très direct.

Mais avec les évènements l’atmosphère avait changé, tout était différent d’un coup et on s’est demandé si il n’y allait pas y avoir un sentiment de récupération. On ne voulait pas surfer sur du morbide, bien sûr. Et finalement on s’est dit que le morceau était véritablement antérieur à tout ça.

JPA : D’une certainement façon cette déclaration d’amour à la capitale est également transposable à toute autre ville où l’on aurait vécu des expériences. L’amour, la folie, les excès… c’est une belle histoire entre rencontres et expériences.

R.G : Tout à fait, de plus je ne suis pas parisien, je ne vis pas là bas. Mon expérience avec Paris est avant tout basée sur le plaisir. Je n’y vais que pour la musique, les amis, les soirées. Paris est une fête et la chanson est une dérive dans un Paris à la fois nocturne et diurne, le métro, les taxis. Comme lorsque tu n’as dormi qu’une heure et que tu es encore pété de la veille et que tu te promènes et que t’es bien…

JPA : Cette façon de subir une situation dans laquelle tu te sens parfaitement bien. C’est génial, cette forme d’acceptation.

R.G : Tu te perds, tu traines, t’as l’esprit qui se balade et face à toi il ne faut pas oublier ceux qui travaillent, ceux qui vivent ici. J’ai mes amis qui vivent à Paris et pour qui c’est vraiment une galère. C’est ma façon de penser à eux en fait. Je me pose des questions pour eux aussi, j’imagine les coups de déprime qui doivent être les leurs parce qu’ils sont comme tous ces gens de grandes métropoles tu vois.

« Je marche vite, je pense à toutes ces âmes

Quelques unes se consument la nuit au fond des bars »

Les angles morts

JPA : Il y a un regard très affranchi aussi sur cette vie à Paris.

R.G : Tout à fait. Et je dirai un regard lucide aussi, et peut-être même plus lucide que celui des gens qui vivent dans cette spirale et ne se rendent pas forcément compte que leur vie elle passe, que tout va très vite et que cela ne laisse que très peu de temps pour prendre du recul. C’est un regard de spectateur, amoureux.

JPA : Pour continuer à piocher dans ce deuxième album, il y a un morceau particulièrement intrigant de par sa couleur, ses sonorités. C’est « Plus noir encore » où l’on vous devine un amour pour le Dub avec l’emprunt du mélodica que l’on avait découvert dans les années 70 avec Augustus Pablo. D’où est parti ce titre qui est au final un titre de musique noire?

R. G : Sans pour autant prendre un virage trop serré, on voulait vraiment surprendre avec ce deuxième album tu vois, bien sûr tout en gardant l’âme d’Aline. Mais on voulait aussi laisser s’exprimer d’autres influences que celles de The Smiths, The Cure, le post-punk, la new wave, tout ça. J’aime énormément le reggae, le dub surtout. Puis la musique électronique, le disco, la funk, le son pop des noirs des années 60 avec les titres de la Motown. L’idée c’était de s’amuser en laissant tout ça se percuter, aller voir ailleurs tout en le faisant à notre sauce.

On n’est pas des puristes et on ne fait surtout pas de la musique pour les puristes. Moi les puristes j’en ai vraiment rien à cirer, tu vois.

Comme pour « Je bois et puis je danse », ou « La vie électrique » où nous nous sommes amusés avec la, ici c’était encore une histoire de jeunes blanc-becs qui s’amusent avec de la musique noire. Puis il ne faut pas oublier toute la culture anglaise où les jeunes anglais essayaient de jouer de la musique noire, le ska, le rocksteady, le rythm’n’blues.

Au final même Joy Division a été un grand groupe de musique noire, je sais qu’il existe des enregistrement où l’on peut les entendre reprendre du James Brown par exemple, ce que peu de gens savent.

JPA : Pour jeter un oeil dans le rétroviseur, un morceau comme « Je bois et puis je danse » marque vraiment une rupture avec les autres titres du premier album et laisse même présager de ce que sera ensuite le deuxième, « La vie électrique ». Je ne sais pas quand a été composé ce morceau mais il y a clairement un passage vers autre chose.

R.G : J’ai composé ce morceau alors que nous étions vraiment à la fin de l’enregistrement de « Regarde le ciel », le premier album. Et donc oui, il y a un décalage. Je suis un grand fan de Orange Juice tu sais, le groupe d’Edwin Collins. C’est très funky. C’est des fans des Temptations et des Four Tops. Et ils ont marié ça à leur amour pour le punk, le post punk et la new wave. Donc il y avait vraiment l’envie de sortir un morceau à la Orange Juice.

Aussi je suis un fan de la musique de danser en fait. On tient à ce que cela se sente dans notre musique et on veut faire en sorte que chacun de nos morceaux puissent dansable. C’est pour ça qu’on ne fait pas de la chanson français, on fait de la pop et c’est pour danser. Alors si en plus il y a du fond, du texte et de la mélodie, pour moi c’est gagné.

JPA : Passé la musique pop, la musique noire, il y a de par même le nom du groupe Aline, une forme de déclaration d’amour à la chanson française. Bien sûr on pensera à Christophe, mais pourquoi pas aussi William Sheller?

R.G : William Sheller pas trop, je n’écoute pas vraiment. Ensuite Christophe ça c’est sûr, on en est tous très fan. Mais je parlerais plutôt de Yves Simon, puis beaucoup Souchon et Laurent Voulzy. Depuis que je suis gamin si je veux faire de la musique aussi c’est à cause d’Alain Souchon. Petit je disais « plus tard, je veux faire Alain Souchon ». J’admire beaucoup son écriture qui s’extirpe de la chanson française, c’est trop pop là encore.

Puis évidemment Daho, tout le rock français, Taxi Girl, les Dogs, les Olivensteins… et la musique populaire des années 60 en France, Joe Dassin, Reggiani, Delpech. On a quand même ce souhait à travers Aline de faire de la musique populaire, de raconter des histoires auxquelles les gens puissent s’identifier. Puis je n’ai pas beaucoup d’imagination alors il reste les tranches de vie, l’expérience, les souvenirs.

JPA : En revenant vers les titres qui composent l’album et on aurait pu penser même à faire une interview pour chaque titre… « Chaque jour qui passe » laisse vraiment énormément de questions dans ma tête, je me demande « est-ce qu’il parle d’une ville, d’une femme, pourquoi pas même de la mort? »

R.G : J’aime bien écrire de manière cryptique tu sais, alors si tu veux croire que je parle d’une femme c’est super. J’aime bien que tout ne soit pas donné. Mais pour répondre à ta question, effectivement je parle ici d’une ville puisque je viens à la base de Roanne dans le nord de la Loire. J’y ai vécu jusqu’à mes 25 ans. C’est une petite ville, que très peu de gens connaissent, qui n’est pas très belle et elle n’est pas très intéressante.

Mais c’est ma ville, ma famille, mes amis, mes premiers amours. J’y retourne tout le temps. Je voulais faire une déclaration d’amour, c’est mes racines, elle est dans mon coeur et elle fait partie de moi. Puis on y manger super bien, c’est une ville très gastronomique.

« Chaque jour qui passe m’éloigne un peu de moi

Chaque cigarette me rapproche de toi »

Chaque jour qui passe.

JPA : Nous avons évoqué en début d’interview « Les mains vides », le point de vue féminin face à la rupture ou du moins la soif, le besoin d’air. Un autre titre marque cette idée, « Les résonances cachées » avec pour le coup un discours violemment masculin, un discours d’auto dénigrement pourrait-on dire, du style « qu’est-ce que tu fous avec moi? ». Y a-t-il alors un jeu de question réponse entre les deux chansons?

R.G : On m’a déjà fait cette remarque, à laquelle je n’avais pas réellement pensé mais oui, on peut très bien imaginer que la femme de « Les mains vides » ait entendu les mots de l’homme dans « Les résonances cachées ».

C’est très masculin de ne pas vouloir comprendre, ou de ne pas savoir voir ce qu’une femme peut nous trouver, surtout lorsque l’on considère celle-ci comme beaucoup plus belle que nous, et tu sais que je ne parle pas seulement d’un point de vue physique.

Dans le texte je voulais imaginer un couple au lit, avec le mec éveillé à côté de sa nana endormie et on pourrait presque l’entendre lui parler dans son sommeil en fumant une clope.

JPA : Ca faisait penser à la chanson de Mano Solo, « Toujours quand tu dors », où il rajoute « que j’ai envie de te parler ». 

R.G : Je ne connais pas bien Mano Solo, mais oui il y a de ça. Mais on peut aussi imaginer que là, la nana fait sembler de dormir et puis qu’elle l’écoute et alors le lendemain elle s’en va. Et ça devient « Les mains vides ».

JPA : Tout ça sur le ton véritable d’une confidence qui vient trahir un putain de manque de confiance en soi, c’est vraiment très masculin cette façon d’anticiper le désastre dont on se croit, ou parfois dont on se sait capable.

R.G : Le questionnement est permanent, « est-ce que je ne la rend pas malheureuse? », « est-ce que je fais suffisamment attention à elle? », « et si j’allais voir ailleurs ». Au final on ne se croit jamais à la hauteur de l’amour d’une femme.

Tu voudrais presque casser la relation avec que ça soit elle qui se barre parce que tu sais que te ferait beaucoup trop de mal, tu souffrirais trop. Alors tu provoques le truc en devenant le plus désagréable possible.

JPA : On est souvent des sales cons.

R.G : Oui.

JPA : Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter maintenant? Un prochain en album est en route peut-être?

R.G : Le troisième album est notre principal projet c’est sûr, je le verrai bien pour la prochaine rentrée en 2017, pourquoi pas. On entend bien s’éloigner un peu de l’enregistrement live qui a marqué nos deux premières sorties pour nous tourner vers plus de production. Pourquoi pas laisser intervenir plus de machines, d’électronique sans pour autant chercher à devenir Daft Punk, mais s’amuser un peu plus en studio, vraiment construire des sons, de nouvelles musicalités. Tout en restant Aline, ne t’inquiète pas.

Aujourd’hui nous sommes je pense, arriver au paroxysme de la musique consommable et jetable. Tous les jours ou presque nous avons besoin d’idolâtrer un nouveau groupe, un nouvel artiste. On se demanderait presque s’il ne deviendrait pas bientôt nécessaire de changer de nom de groupe tous les quatre matins. C’est vraiment tout ce que je déteste forcément, les gens ne prennent plus le temps de s’approprier des groupes et de vivre un peu avec et à travers eux, leur musique.

Les gens aujourd’hui en sont à ne plus écouter un certain groupe au bout d’un moment et leur réponse à ton pourquoi sera « non c’est bon, j’ai déjà écouté le premier album ». Ou bien les programmateurs vont avoir des propos comme « non, on ne va pas programmer Aline, on les a déjà eu il y a quatre ans ».

JPA : On ne laisse pas aucune place au temps long, et on ne laisse plus vraiment l’occasion aux artistes comme au public d’observer leurs évolutions, leurs réflexions mises au monde.

R.G : C’est pour ça tu vois, que je suis plutôt content qu’on arrive à sortir trois albums. Après les gens qui continueront à nous suivre le feront de toutes les façons et ne restera qu’un public dévoué qui aura suivi et surtout compris notre évolution.

Aline c’est, étrangement et pas tant que ça, l’histoire d’un mec mais ça parle aussi d’une époque. Alors j’ai vraiment envie que ça reste tout ça, que l’on puisse un jour retrouver un de nos albums et se souvenir d’un âge. Même si tout ça n’est que de la musique pop et rien d’autre. C’est tout ce qu’on peut nous souhaiter je pense.

JPA : Merci Romain, et si jamais vous passez jouer à Nice on ne manquera pas de venir trinquer avec vous.

Aline #1


Crédit photos : Aline

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