Septembre, en attendant, on teste des trucs. On planche sur les concepts qui nous laisseront le choix d’écrire moins pour vous en dire plus (dans ta gueule Sarkozy). Et on commence alors avec Bloum, formation électronique, acoustique, artisanale et puis française after all.

Tu te lèves un matin et tu reçois dans ta boite mail de la musique à écouter, et avec les années cette musique est de moins en moins pourrie. Au bout d’un moment t’en deviendrai même philanthrope. Comme quoi tout arrive. Alors pour cette période de rentrée sur J’Aime Pas l’Actu on a décidé de laisser aux Inrocks le plaisir de faire des cuni’ à La Femme et à Noisey le soin de sortir son énième article encyclopédique sur comment la scène hardcore de New York était peuplée de gamins paraplégiques défoncés à l’éther.

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Welcome to the light !

Signé chez Animal Records à Paris, le label qui a décidé de reprendre la cantine du Point Ephémère pour marier son amour des belles notes à celui des bonnes bouffes vous savez, Bloum se présente à son public fort de trois premiers EP à la qualité florissante. Preuve que la patience est amie de toutes les entreprises (exception faite pour Ty Segall), Bloum évolue naturellement et prend maintenant la direction du premier opus. Sortie prévue pour 2017.

A travers une discographie électronique teintée de spleen et d’idéal Bloum tourne le dos au strass et embrasse le stupre comme lorsque recouvert de sueur, n’obéissant plus qu’à une frénésie lui parvenant des pieds jusqu’aux reins, le danseur s’oublie et s’enfonce dans la nuit et « La Folie ». Acte 1, premier EP.

Le temps d’un deuxième exercice façon grand garçon, Bloum lâche « Faith ». Tout en efficacité, le morceau trouvera sa place sans problème dans n’importe quel Set, à deux trois tracks du pick hour… Et pour la peine on relève un remix de haute voltige signé un certain Worakls, que les jeunes connaissent pour ses mélodies à décrocher la mâchoire et ses acolytes sur Hungry Music, N’To et Joachim Pastor.

Dernier verre pour la route et avant de se lancer à corps perdu dans la composition de son premier album, la formation parisienne s’offre un dernier tour de chauffe sur « Troubled City ». Le troisième conclue et confirme une progression mélodique et hypnotisante. Tout cela n’est pas prêt de s’arrêter et les ceintures n’ont pas fini de s’envoler.

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Le remix

En prenant un contre-pied clairement improbable, Bloum décide ici de s’attaquer à trois types complètement ravagés et géniaux, les Naive New Beaters. Sur le titre « Run Away » et son clip tourné en Amérique du sud, les Naives, brasseurs de bières à leurs heures, s’affichaient sous des hospices toujours aussi hilares et signaient ainsi un retour attendu au pays du burlesque et de l’absurde.

A lire : Depuis qu’ils brassent leur propre bière les Naive New Beaters se baladent sur la route du cool

Nous aurions pu en rester là, vivre éternellement cet été imposé. Une vie de vin rosé, de pool party et de rapports non protégés (autrement dit, un enfer) ne pouvant se poursuivre, Bloum nous plante ici en plein hiver nucléaire et alourdi sa charge dans une course Trip-Hop sombre franchement bandante. Magie du remix (tant qu’on n’a pas affaire avec Robin Schultz et consors) l’original se décompose, se déconstruit et l’exercice se concrétise avec brio. Bloum s’élance, plante sa perche et s’envole avec nos petites âmes dans les poches. Merci pour ce moment.

Le culte

« Welcome to the light ! » scande Bloum dans son dernier titre dont le clip partagé sur la toile n’a pas une semaine. Bienvenus, asseyez-vous, servez la dernière bière et ensemble célébrons la vie, la luxure et la musique décadente. Tout ça à la gloire de vous savez qui.

Nul doute ici n’est permis, Bloum s’enfonce dans un mysticisme au centième degré et les marches à gravir pour toucher l’éternel sont encore devant nous. Musicalement, parce qu’il est encore de bon temps d’en parler, le titre sonne neuf tout en reprenant des inspirations rassurantes. Certains grains ne sont pas sans rappeler certaines textures lancées par Daft Punk période Discovery. Le résultat se balade entre fonds Funk et formes occultes. George Clinton serait fier.

« Welcome to the light »… Sera-ce le titre introductif du premier album ? On aimerait le croire. C’est le nom de l’album ? Oh je suis largué !

Le groupe nous invite dans son monde et partage avec nous ses galaxies, ses trous noirs et toujours cette sombre magie qui protégera longtemps on l’espère, la formation de toute tentation pop.

Le chef d’œuvre

Vous vous souvenez de la première fois où vous avez entendu « La dame en bleu » de Mondkopf ? Puis vu son clip façon teenagers parisiens, planche de skate, galoches faciles et textures électroniques fascinantes ? Si vous ne voyez pas du tout de quoi je parle, cliquez ici.

« La part des anges » m’a renvoyé à ce souvenir. A l’époque Mondkopf envoyait se faire foutre les codes de l’époque bouffés de Dubstep et de « drop » (putain !) pour nous introduire à une Electronica personnelle, froide (AFX, ça va ?) et cathartique. Ici Bloum en fait tout autant, et avec brio fait siens les canons de la minimal berlinoise tout en leurs amputant ses aspects justement parfois trop simplistes.

A lire : L’enfer de Mondkopf / Mondkopf : Un peu, beaucoup, catharsis

Une « extended version » aurait été plus que la bienvenue et se serait faite une place de choix aux côtés de nos tracks préférés signés Extrawelt, Bodzin et Kompakt Records mais Bloum n’est pas là pour partir en after. Le concept est beaucoup trop chiadé pour se laisser aller devenir la BO des derniers trous du cul à la recherche de trois quatre paras de MD.

Non bloum est là pour la musique et pour le cool, et c’est tant mieux !


Crédit photo : BLOUM

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1 Comment

  1. Lucie Mo
    18/09/2016 at 21:22

    Super article !!!!!!